Saint Germain l’Herm : Histoire de la commune


La commune de Saint-Germain-l’Herm, ~500 habitants,  se situe sur les Monts du Livradois à 1050 mètres, au Sud-Est du département du Puy-de-Dôme. Ancien chef lieu de canton, elle fait partie maintenant du canton « Les Monts du Haut Livradois ».

Repères géographiques Zone de moyenne montagne, le territoire du Livradois Forez se trouve entre la plaine de la Limagne au Nord, la vallée de l’Allier à l’Ouest. A l’est, les Monts du Forez le séparent de la vallée de la Loire et de la région Rhône-Alpes. 

On peut se représenter cette zone de moyenne montagne sous la forme d’un plateau allongé, peu accidenté, avec une élévation centrale portant quelques sommets autour de mille mètres. Ce territoire se caractérise par l’importance de sa couverture forestière (65% de sa superficie). Les villes d’Ambert, Issoire, Brioude et La Chaise Dieu sont respectivement à vingt-cinq kilomètres.

Un marché : tous les jeudis matin place de la Rodade

Les foires annuelles : 23 avril, 11 juin, 26 juillet, 20 août, 27 septembre, 18 octobre

HISTOIRE SAINT GERMAIN L’HERM

C’est en 1052 que Henri 1er (roi de France de 1031 à 1060) donne à Saint Robert le bourg de Tuniac qui devient alors Saint Germain l’Herm et que commence l’histoire contemporaine de ce village auvergnat…

Il semblerait bien qu’il ne faille toutefois pas prétendre qu’il ne s’est rien passé dans la contrée avant l’époque médiévale… En effet, des petits foyers de peuplement ont pu exister dés le néolithique, comme en témoigne le mégalithe de la pierre des Prades (monument formé dans des gros blocs de pierre brute).

PIERRE DES PRADES

Germain, chrétien vivant sa foi à Tuniac, fut égorgé dans la forêt. Il fut par la suite proclamé martyr par les Chrétiens et l’on peut voir deux représentations du Saint patron de Saint Germain l’Herm. La première dans l’église du village et la seconde à l’entrée du village lorsqu’on arrive d’Issoire. Cette dernière est l’oeuvre d’un sculpteur ayant participé au Festival Culturel annuel de Saint Germain l’Herm.

GERMAIN

Parmi les nombreuses péripéties qui émaillent la vie de Saint Germain l’Herm, on note en 1418 la prise de St Germain par Rodrigue de Villandrado, capitaine des routiers, dits « écorcheurs » (mercenaires sans emploi).

Saint Germain connait une vie économique intéressante avec notamment la création par le roi Louis XII de deux foires (1501) qui connaitront un succès grandissant : à savoir les foires annuelles des 12 juin et 27 septembre, à la belle saison. Ces manifestations économiques, qui se sont par ailleurs multipliées, perdurent toujours à des dates proches, mais ont beaucoup perdu de leur superbe.

1591, le capitaine Merle incendie le château de Saint Bonnet le Chastel, mais épargne St Germain !

Le 6 février 1593, un enfant du pays, Guillaume Sautemouche, né à la Couharde en 1555, est tué par les protestants à Aubenas, dans le cadre des guerres de religion.

En 1693, une grande famine entraîne 54 décès dans le village…

Le 11 mars 1736 a lieu la visite épiscopale de Montseigneur Massillon qui donna lieu à procès verbal.

En 1751, l’abbé Couvert, natif de St Germain, fonda l’école Massillon de Clermont Ferrand.

En 1765-66 et 1770, une série d’hivers très rigoureux voient les cours d’eau geler et la population souffrir cruellement du froid.

Le 14 octobre 1777 a lieu la dernière visite épiscopale, la population étant très religieuse… (pas moins de 1300 communiants à chaque messe). Cela valait bien un déplacement de l’évêque du diocèse !

En 1788, les prémisses de la Révolution Française sont d’actualité à St Germain qui connaît une cris économique majeure avec des prix qui grimpent.

La période 1789-1795 est riche d’évènements et de turbulences. En 1789 le prieur est l’abbé de Grillon, et sous son ère, le cardinal de Rohan dernier abbé de La Chaise Dieu, fait percer la route pour parvenir à St Germain qui cesse d’être une destination cul de sac !

Les conséquences de la révolution, c’est qu’il n’y a plus d’archive et que la forêt devient « forêt de l’état ».

L’anticléricalisme frappe fort, ce qui conduit à la fermeture de l’église en 1793.

C’est à cette époque que la maréchaussée d’Auvergne devient « gendarmerie nationale », que Saint Germain l’Herm est débaptisée et prend le nouveau nom de Herme la Montagne… Bref, c’est la révolution française…

Dès 1793, St Germain redevient Saint Germain l’Herm et en 1795 l’église est restituée aux fidèles.

Le XIXème siècle sera celui de l’essor du village puisqu’on atteind en 1800 les 1800 habitants.

Des constructions nouvelles apparaissent, le bâtiment de la rue des Trois Têtes érigé en 1819 et la future fabrique de papier à cigarette, maison Bisch.

RUE DES 3 TÊTES

En 1836, voit le jour Arthème Fayard. C’est seulement le 11 août 1984 que sera posé sa plaque commémorative lors du VIIème Festival Artistique et Culturel du Haut-Livradois.

En 1844 plusieurs fontaines en lave de Volvic sont érigées en plusieurs endroits du village.

Saint-Germain l'Herm en Hiver
Saint-Germain l’Herm en Hiver

FONTAINE SAINT GERMAIN L’HERM

En 1866 un grand incendie détruisit une partie de la ville. Dés lors la compagnie des sapeurs pompiers fit partie intégrante de la vie du village et ne cessa d’affirmer son développement et son dynamisme.

En 1882, Jules Ferry crée l’enseignement public et c’est alors que Saint Germain l’Herm voit pousser les écoles. On peut encore voir l’école publique laïque en haut du village construite par le maçon Ribeyre en 1897… Une école des frères pour les garçons et une école des soeurs pour les filles existent toujours, même si elles sont devenues des résidences principales ou secondaires.

On comptait dans les années soixante :

– un CES

– une école primaire laïque

– trois écoles religieuses

– un foyer d’insertion pour jeunes

Saint Germain, avec l’arrivée du XXème siècle, voit son essor prendre date avec de nombreuses créations d’entreprises artisanales et industrielles. C’est ainsi qu’entre 1880 et 1890 André Vaurilhon fonde et démarre la Scierie des Canons (scierie de Pégoire). En 1903, son fils Gaspard,  puis en 1941, les deux gendres, Ducros et Hobeniche, prennent le relais.

En 1893, une fabrique de papier à cigarette voit le jour et, en 1902 s’achève la construction de l’atelier Bisch, spécialisé dans la découpe de feuilles de papier à cigarettes à destination du Brésil, via la gare de Saint Alyre.

La lyre du Doulon est crée sur ces entrefaits en 1895, grâce aux talents musicaux de la congrégation des Frères Saint-Gabriel.

Deux fabriques de papier à cigarette co-existèrent à St Germain. La fabrique Bouchon, rue du Marché aux chêvres et l’atelier Bisch, rue du commerce.

En 1897, la maison Gaillard, de Béziers, monte un premier chantier d’injection de poteaux télégraphiques prés du domaine de Marchaud.

En 1900, Ollier et Couvert créent un atelier de dentelle au fuseau à la main pour le premier et mécanique par la suite.

En 1904, s’ouvre le premier hôtel de la Terrasse (M.Gorce). Le tourisme post-thermal participait à richesse du pays au début du XXème siècle et notamment de riches pieds noirs d’Algérie avaient pour habitude de séjourner à St Germain après leur cure thermale à Vichy ou Chatel Guyon.

Par la suite, Parisiens, Marseillais, Lyonnais venaient profiter du bon air dans les hôtels qui avaient successivement fleuri dans le bourg :

– Hôtel de la Terrasse, Hôtel de Paris, Hôtel des Cîmes, Hôtel de France, Hôtel Piotet, Hôtel Douarre

Saint-Germain l’Herm sera jusqu’en 1960 une station touristique climatique très prisée. On trouvait dans les couloirs du métro parisien des affiches qui vantaient son environnement, la qualité de son air pur qui attirait en convalescence de nombreux malades sortant de sanatorium.

Hélas, la Grande Guerre occupe rapidement le devant de la scène et les morts et prisonniers font l’actualité suivi d’une grippe espagnole en 1918.

En 1919, l’éclairage est installé alimenté par le barrage de Cacherat.

En 1922, création du Syndicat d’Initiative par le Maire de l’époque, Michel Vaurillon. L’année suivante sera inauguré le monument aux Morts.

Les années maudites reviennent avec la seconde guerre mondiale. L’installation tout à l’égout en 1937 est bien vite oubliée. En 1944, une colonne allemande terrorise le village et St Germain se met spontanément à l’heure du couvre-feu. Plus tard « Mic » Dubien meurt d’un coup de fusil malencontreusement tiré par un FFI qui manipulait son arme sur la place du village.

En 1946 est créée l’Harmonie du Doulon qui fusionnera en 1951 avec la Lyre du Doulon.

La deuxième moitié du XXème siècle enregistre quelques évènements :

– le 22 septembre 1963, congrès départemental des sapeurs pompiers du Puy de Dôme

– 1973, redémarrage de la Société de Musique après une période de sommeil avec un effectif très rajeuni

-1977, création et lancement du Festival Artistique et Culturel du Haut-Livradois

– 16 août 1989 création et lancement de la Brocante-Vide Grenier

-1996, première fête des Champignons et fête des Plantes

Les étangs proches de St Germain ont toujours participé à la renommée touristique de la station. On en dénombre principalement cinq : étang de Vieille Morte asséché, étang du Fangonnet, étang de Marchaud, étang de la Fargette, étangs de Lallabert et de la Colombière, repères des pêcheurs.

ETANG DE LA FARGETTE

Etang de la Fargette en automne
Etang de la Fargette en Automne

Les foires se sont multipliées au fil du temps et on en dénombre 6 durant les mois les plus tempérés : 23 avril, 11 juin, 26 juillet, 20 août, 27 septembre et 18 octobre. Les foires bestiaux ont, quant à elles, totalement disparus.

Aujourd’hui, Saint-Germain l’Herm a gardé son authenticité.

Cependant le XXIème siècle démarre sur les chapeaux de roue avec la déchetterie, le nouveau centre de secours et d’incendie, la réfection des VRD et de la rue du commerce, l’installation d’un réseau collectif de chaleur et de sa chaufferie, la construction d’une nouvelle gendarmerie, l’extension de la Maison de Retraite Roux de Berny, la modernisation du réseau électrique et de l’éclairage public, etc…

EGLISE SAINT GERMAIN L’HERM

Eglise de Saint-Germain l'Herm
Eglise de Saint-Germain l’Herm


L’église très intéressante par son antiquité entre le XIe et le XIIe siècle. Fronton peinture du XVIIIe siècle. Prieuré de La Chaise Dieu, le bourg fut fortifié aux XIVe et XVIe siècle.

Il y a plus d’un siècle et demi, le cimetière était attenant à l’église et l’on peut de nos jours trouver sous les fondements du « maître autel » dans le chœur même de notre église, vieux ossements, sépultures anciennes.

Deux travées de nef haute époque XIe et XIIe siècle, voûte en berceau, fronton peinture XVIIIe siècle « Vie de Saint Germain », Retable XVIIe.
Notre Dame des Neiges est la patronne primitive du lieu. A la quatrième travée, piles massives débordant irrégulièrement en désaxation de la nef.

L’ensemble est d’un goût et d’un savoir qui surprend et étonne le visiteur.

Sur la colonne gauche dans l’entrée du chœur, l’on peut voir un couple de colombes, symbole de paix.

Un peu d’histoire :

Robert de Turlande, fondateur de l’abbaye de La Chaise Dieu, désireux de retrouver l’esprit religieux bénédictin originel, fait d’isolement érémitique (propres aux ermites) pour plus de recueillement, s’installa avec quelques compagnons au coeur des grandes forêts du Livradois. Cette recherche de l’isolement explique la multiplication des prieurés, tel celui de Saint Germain l’Herm, après 1050 : des moines ayant rejoint Robert de Turlande partirent à leur tour fonder une nouvelle cellule. C’est ainsi que naquit le prieuré de Saint Germain l’Herm.

Le prieuré connut tout au long de son histoire nombreux heurs et malheurs. En outre, il fut ravagé par Robert Dauphin, l’un des deux Comtes d’Auvergne, qui fut brigant et poète à la fois !!! (1193)1212 voit la fin des travaux de l’époque romane de l’église, comme en atteste l’inscription : « de l’incarnation de Notre Seigneur Jésus Christ, l’an 1212, Philippe 1er régnant ». C’est en 1244 que les moines bénédictins perpétuent la mémoire de Saint Germain en transformant le nom du village de Tuniac en Saint Germain l’Herm. 100 ans plus tard une épidémie de peste pneumonique décima la population.

L’an 1862 voit la construction du nouveau clocher de l’église en remplacement du clocher roman. D’autres sources parlent de 1897…

Le 6 mars 1959, l’église est classée monument historique. Outre la dévotion à St Germain, l’église est placée sous la dévotion de Notre Dame des Neiges.

PATOIS LOCAL

La prononciation des lettres en auvergnat :

ch + a, e, o, et ou se prononce ts

ch + i, u se prononce tch

j + a, e o et ou se prononce dz

s + i et u se prononce ch

z + i et u se prononce j

La famille :

Enfant………………………………….Ifant-Petchi-Gamin

Le garçon……………………………..Le drole

La fille………………………………….La drole

La mère………………………………..La Mare, madre

Le père…………………………………Le pare, padre

Les jours de la semaine :

Lundi…………………………………..Djillou

Mardi…………………………………..Djimar

Mercredi………………………………Djimecre

Jeudi…………………………………..Djidzeu

Vendredi………………………………Djiveindre

Samedi………………………………..Djisate

Dimanche……………………………..Dimaintse

Les mots d’usage :

Bonjour………………………………..Bondzour

Bonne nuit……………………………Bounà nei

Bonsoir………………………………..Bonsereu

Demain………………………………..Demô

Aujourd’hui……………………………Aneï

Aurevoir………………………………Aryire

Quelques expressions :

Enlève-toi de là…………………………………………Boudzà-te dâ tchi !

Comment ça va…………………………………………Coma’quo vai

Excusez-moi…………………………………………….Sousatz-me

Comment donc…………………………………………Bigre

Méfie toi………………………………………………….Méfia te

Assis-toi………………………………………………….Asseta-te

Arrêtes de dire des bêtises………………………….Tsabanin bi tonjaz

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